mercredi 9 décembre 2009

Retraite et droit au répit

Paru dans la Tribune ce 9 décembre


Pour une retraite tout au long de la vie

Il y a une énigme dans le débat sur les retraites. On sait au moins depuis le Livre blanc de 1991 que le système actuel ne peut pas tenir — il y a toujours plus de pensionnés pour moins de cotisants —, et pourtant les réformes peinent à se mettre en place et accumulent les retards. On a identifié avec certitude les trois leviers d’action possibles — revoir la durée de cotisation, retarder le départ en retraite, abaisser le montant des pensions —, mais, faute de consensus, il est impossible de les mettre en place de manière équilibrée. On nous a expliqué que la répartition était menacée par la démographie, tandis que la capitalisation était mise en péril par les soubresauts de la finance, mais la combinaison des deux reste toujours incertaine. Pourquoi un tel écart entre le diagnostic et la thérapie ? Sans doute parce que, en France tout au moins, la force du symbole prend souvent le pas sur la puissance du réel ; et le XXe siècle a tellement peiné à réaliser les rêves du XIXe qu’on voit mal comment le jeune XXIe mettrait tout cela à bas d’un seul coup d’un seul.

Et pourtant, il le faudra bien. Mais cela ne se fera de manière pacifiée que si l’on déplace vers le terrain du symbole et du sens sans se contenter d’un discours exclusivement technique, comptable et négatif. Car, ce n’est pas en insistant sur les seules contraintes démographiques, économiques et budgétaires — pourtant incontestables — qu’on parviendra à concurrencer et relancer l’épopée des conquêtes sociales. Or, en répétant depuis presque vingt ans qu’« on va dans le mur ! », on a fini par oublier que la réforme des retraites mettait aussi en jeu des dimensions existentielles et positives. Les questions sont pourtant massives : que faire du temps gagné sur la mort ? Doit-il être affecté à la période inactive de l’existence alors même que le travail continue d’être le principal vecteur d’identité de la personne ? La retraite, jadis conçue comme un bref repos après une vie de labeur, doit-elle constituer la majeure part de l’existence ? Faut-il se résoudre à la perspective d’une vie ainsi découpée : 30 ans de formation ; 30 ans d’activité ; 30 ans de retraite ? En admettant même que ce soit possible, est-ce souhaitable ?

Rien n’est moins sûr. On le perçoit d’emblée pour les deux premières périodes. La formation se fait « tout au long de la vie » et déborde de la seule jeunesse : au-delà de l’éducation initiale, c’est une nécessité de la vie professionnelle (formation continue) et c’est une aspiration de la période post-professionnelle (université du 3e âge, reprise tardive d’études). De la même manière, l’exigence d’une activité rémunérée, concerne aussi bien la jeunesse (le job) que la vieillesse (la seconde carrière). Et si nombre de nos concitoyens aspirent à la retraite, ce n’est pas pour cesser toute espèce d’activité, mais de plus en plus, pour en envisager une autre, plus sereine, moins frénétique et peut-être plus libre (comme le montre le succès de l’auto-entrepreneur). Il y a donc aussi une « activité tout au long de la vie »

Alors pourquoi ne pas envisager, dans le même esprit, la possibilité d’une sorte de « retraite tout au long de la vie » ? Imaginons que l’on décide de repousser l’âge de la retraite à 70 ans, mais qu’en contrepartie chaque salarié dispose d’un « droit au répit » d’un ou deux ans au cours de sa carrière professionnelle. Est-ce un doux rêve ? Pas tout à fait. La Suède a offert la possibilité d’une telle année sabbatique rémunérée sans aucune espèce de justification médicale ou professionnelle. L’idée était simple : puisque l’espérance de vie nous fera travailler beaucoup plus longtemps, il faut proposer une année de retraite au choix avant la retraite plus tardive. Tout le monde y gagne. Inutile de dire que cette mesure n’avait pas suscité l’enthousiasme des experts de l’OCDE chargés du rapport sur la Suède (2005) : économiquement absurde, disaient-ils. Elle est pourtant pleine de sens. Car il suffit de regarder autour de nous : le désir de souffler un peu, de prendre du recul, de sortir de la frénésie quotidienne est ce qui réunit l’immense majorité des salariés, dans un contexte professionnel qui s’est considérablement durci et où la pénibilité a changé de nature. Est-il interdit de penser qu’il y aurait, dans ce « droit au répit », un symbole suffisamment puissant pour envisager autrement — et de manière plus positive — la réforme des retraites ?

samedi 24 octobre 2009

Programme (enfin) disponible

Chers amis,

j'ai le plaisir de vous annoncer (voir ci-joint) que le programme 2009/2010 est (enfin) disponible. Merci de votre fidélité.
D'autres séances sont en cours de programmation : veuillez consulter les actualités pour les connaître.
Bien cordialement,
PHT

samedi 19 septembre 2009

Programmation fin 2009

Nous mettons la dernière main au programme de cette année. 
Notez déjà que deux conférences auront lieu 
• Le samedi 14 novembre (14h-17h amphi Descartes) : Corinne Pelluchon et Ruwen Ogien
• Le samedi 12 décembre (14h-17h amphi Descartes) : Susan George

Tous les détails et la suite dans quelques jours.
Merci de votre patience
PHT

samedi 18 juillet 2009

Le programme 2009/2010 du Collège de Philosophie

Le programme 2009/2010 du Collège de Philosophie sera disponible à partir du 15 septembre. Si vous souhaitez être inscrit sur la liste de diffusion, envoyez un message « Inscription » à cette adresse : 
collegedephilo@aol.com
Bon été !

jeudi 19 février 2009

Sur l’université

L’actuelle réforme des universités comporte trois enjeux : le statut des enseignants-chercheurs, leur évaluation, leur soumission à des présidents d’universités « autonomes ».
1- Sur le statut, il y a un fantasme : la privatisation des universités et la « défonctionnarisation » des enseignants-chercheurs. Personne, à ma connaissance, n’évoque cette hypothèse en France, alors même que ce statut tend à devenir une exception dans le monde. Le débat français porte plutôt sur l'éventualité de la transformation d’un statut de fonctionnaire d’Etat en celui de fonctionnaire d’établissement public (celui d’une université devenue autonome). Admettons. Mais je ne vois pas en quoi cette transformation serait catastrophique en termes de liberté académique, de sécurité de l’emploi, de qualité de la recherche …
2- La question de l’évaluation des enseignants-chercheurs est plus délicate. Il s’agit de savoir qui la fait et comment ? Dans l’atmosphère de défiance actuelle, aucune instance ne paraît avoir l’autorité légitime. Si ce sont les universités, on dira qu’il y a risque de localisme et de clientélisme ; si c’est le CNU, le risque sera celui du corporatisme et des querelles intradisciplinaires. Les modalités n’inspirent pas non plus confiance : est-ce au kilo de publications ? Au kilomètre de citations par les pairs ? Au litre de conférences ? Quelle part donner à la performance scientifique, à l’enseignement et à l’engagement académique (dans des tâches administratives) ? La bonne méthode consiste à partir de l’idée qu’il n’y a pas de bonne évaluation et qu’elle est néanmoins nécessaire ! Pour le reste, il ne me paraît pas déraisonnable qu’une part de l’évaluation se fasse au niveau des établissements, notamment pour les enseignements, l’administration et les activités scientifiques courantes. Cela permettrait, non pas tellement de sanctionner, mais de gratifier ceux qui choisissent de s’investir. C’est d’ailleurs ce qui se fait largement par les primes. Pour ce qui concerne le grandes étapes de leur carrière (sabbatiques, promotions, …), les enseignants-chercheurs pourraient être soumis à une évaluation plus « hard » ; celle d’un CNU, mais qui fonctionnerait moins comme un consistoire de la discipline, que comme une agence de sollicitation d’experts français et étrangers (afin d’éviter tout corporatisme).
3- Le troisième enjeu est celui des pouvoirs du président de l’université. Il peut certes y avoir des présidents autocratiques — ça s’est vu et ça se verra — ; les élections peuvent contribuer à attiser les conflits, à créer des clans antagonistes et à induire des pratiques de favoritisme au détriment du pilotage de l’université — ça s’est vu et ça se verra —. La loi sur l’autonomie des universités, parce qu’elle n’entendait pas (en toute logique) déterminer l’autonomie d’en haut, a été silencieuse sur les structures internes des universités (jurys, mentions, UFR, écoles doctorales, instituts, équipes d’accueil, …), et la manière dont leurs conseils devaient animer la gouvernance des universités. C’est cet esprit de la LRU qu’il convient désormais d’inventer afin d’éviter que l’élection d’un président soit synonyme de la victoire d’un clan contre un autre. Le rôle des présidents d’universités autonomes consiste à piloter et à arbitrer, en ayant les moyens de le faire. Nos débats, sur cette question, surprennent — c’est le moins qu’on puisse dire — nos collègues étrangers.
Ces trois enjeux sont importants, car, en effet, il en va de l'équilibre d'un système fragile. On peut comprendre les passions, les craintes … Mais, en même temps, ils doivent pouvoir faire l'objet d'une discussion sérieuse où l'on ne crie pas d'emblée au scandale. La difficulté est que l'autre réforme, celle de la « mastérisation » de la formation des maîtres (recrutement au niveau du M2, suppression de l'année de stage), est incompréhensible (sauf, bien sûr, en termes budgétaires…).
PHT

mercredi 18 février 2009

Les Archives du Collège

Le Collège de philosophie met en ligne certaines de ses archives (articles inédits, grands entretiens, …), vous les retrouvez

à cette adresse : collegedephilo-archives

lundi 9 février 2009

Scandale de la méritocratie

Lu sur le site de Libération ce 9 février

« Alors que le mouvement des enseigneL'Union nationale lycéenne (UNL), premier syndicat lycéen, a lancé aujourd'hui un appel aux lycéens à rejoindre les cortèges demain afin de «lutter pour un droit à l'avenir». «La nouvelle réforme du statut des enseignants chercheurs, dans la continuité de la réforme LRU, remet en cause le statut particulier de ces derniers. Le gouvernement continue à diviser le corps enseignants et faire vivre la méritocratie en classant d'une part les bons enseignants et d'autre part les mauvais», déclare le syndicat. »

Quel scandale, en effet !

Comme ce propos de Georges Molinié, Président de Paris IV Sorbonne : « Ce décret est la pire atteinte portée aux universités depuis le régime de Vichy ! » (AG dans l'amphi Condorcet du 9 février 2009).

On n'a pas fini d'en entendre …
PHT

mercredi 19 novembre 2008

La dignité a-t-elle encore un prix ?

Nous publions ce texte de Pierre Bétrémieux, actuellement doctorant à l'Université Paris-Sorbonne.

Le 10 décembre prochain sera certainement célébré le 60e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1948. Pour la première fois, au sortir d’un demi-siècle où le monde dit civilisé avait connu les pires barbaries, figurait dans une telle Déclaration la notion de dignité introduite dès son préambule et affirmée dans l’article 1 :
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
Désormais la dignité est invoquée avec de plus en plus d’emphase dans les débats éthiques ou politiques, sans pour autant en proposer la signification. Ainsi dans la charte des Droits fondamentaux de l’Union Européenne, diffusée en 2005, le Titre I a été intitulé « Dignité ». Sous ce Titre sont rangés le « droit à la vie », le « droit à l’intégrité de la personne » dans le cadre de la biomédecine, champ dans lequel sont interdits : les pratiques eugéniques – notamment la sélection des personnes – la marchandisation du corps humain, le clonage reproductif. De manière presque incantatoire, ce Titre I, sans définir la dignité, affirme dès son 1ier article que « la dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée ».
De par une utilisation excessive , le concept de dignité devient l’objet de controverses enflammées. Au mieux la dignité est désignée comme un concept flou ou un principe paternaliste, « bourreau des libertés individuelles » . À l’extrême, la dignité est taxée d’être une notion d’inspiration métaphysique ou religieuse, « inutile » ou « stupide » : les autorités religieuses ou traditionalistes, se seraient emparées du thème de la dignité afin d’imposer leur magistère aux comités d’éthique oeuvrant dans le domaine de la biomédecine.
Les détracteurs de la notion de dignité la récusent donc soit au nom de la défense de l’autonomie et de la liberté de l’individu, soit parce qu’elle présente un caractère métaphysique entravant les progrès de la biomédecine.
Dans la Rome antique, la dignitas représentait le prestige et l’autorité attachés aux plus hautes charges. Pic de La Mirandole reprendra cette notion pour inviter l’homme à honorer volontairement la charge honorifique de « se modeler » et de « se façonner » qui lui a été confiée : à partir de son « image indistincte », par sa seule volonté, l’homme aura le choix soit de « dégénrer en formes inférieures déraisonnables », soit de « se régénérer en formes supérieures excellentes » . La référence à Kant est inévitable pour tenter de répondre aux contempteurs de la dignité. Opposée au prix d’un objet, d’une marchandise ou d’un service, la dignité (de l’humanité et de la loi morale), représente la valeur absolue, inconditionnée et incomparable que seule possède « l’humanité en tant qu’elle est capable de moralité » . Pour l’être raisonnable, l’autonomie de la volonté est principe suprême de la moralité et « fondement de la dignité de la nature humaine et de toute nature raisonnable » . Le concept de respect , traduit l’attitude que doit adopter un être raisonnable envers la loi morale dotée d’une valeur inconditionnée – à savoir de dignité.
Le respect s’applique toujours « uniquement aux personnes, jamais aux choses » : on reconnaît ici l’interdit d’instrumentalisation de la personne humaine selon la 2nde formule de l’Impératif Catégorique . Cet impératif ne serait-il pas superflu s’il ne concernait que des êtres rationnels supposés être invulnérables, capables de se faire respecter et de refuser d’être blessés physiquement ou moralement en les considérant comme moyens ? Mais comme le rappelait Freud en analysant l’interdit « tu ne tueras point », peut-être faut-il édicter un tel commandement de non-instrumentalisation de l’être humain si « ce qu’aucune âme humaine ne désire …ne s’excluait pas de soi-même » .
La dignité est récusée au nom d’une éthique « minimaliste » qui se réclame d’une liberté individuelle et collective qui ne peut être limitée que par la perspective du mal fait à autrui (principe de non nuisance de JS Mill ). Dans sa radicalité, cette approche laisse de côté tous ceux des membres de la famille humaine qui, selon l’observation de JS Mill pourtant, « sont encore dépendants d’autrui et doivent être protégés contre leurs propres actions ainsi que contre les risques extérieurs » .
Rendre le concept de dignité inutile et le ravaler au rang d’un slogan à caractère religieux, au prétexte que le principe de respect des personnes et de leur autonomie répond à tout problème éthique posé par la biomédecine, c’est en exclure deux problèmes cruciaux.
Tout d’abord celui des situations de vulnérabilité où l’être humain devenu dépendant et vulnérable, a perdu son autonomie et où le respect qui lui est dû en tant que membre de la famille humaine, ne doit pas permettre de le traiter comme un objet de moindre valeur.
Cette réflexion sur la pertinence de la notion de dignité s’applique à un second problème de la biomédecine à savoir celui des recherches ayant trait au matériau biologique humain (Ex : Diagnostic Pré-Implantatoire (DPI), Procréation Médicalement Assistée (PMA), clonage , cellules souches etc…) : serait-ce faire preuve d’obscurantisme que de rappeler qu’il s’agit ici de la nature humaine dont les hommes manipulent des composants, et qu’à ce titre un respect leur est dû en ne les considérant pas comme de simples objets biologiques ? Il n’est pas anodin de parler de dignité quand il s’agit de sélectionner un embryon dans une opération de DPI : choisit-on l’objet satisfaisant le mieux le « parent-consommateur » (le sexe ou la performance future) ou retient-on seulement un futur être humain qui ne sera pas victime d’une maladie génétique dégénérative entraînant inéluctablement une maladie gravement invalidante, des souffrances et souvent la mort à très court terme ?
La personne humaine n’a pas de prix, et ne peut être traitée comme un objet ; la notion de dignité garde un « prix » sans équivalent car elle peut représenter l’Idée régulatrice d’une bioéthique. Loin d’entraver les progrès de la biomédecine, cette Idée de dignité rappelle que la biomédecine sert l’homme tout en le prenant comme objet d’étude ou de soins et que, sans être accompagnée d’une réflexion éthique, elle peut être « en partance vers l’inqualifiable »

Pierre Bétrémieux
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1- « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde… »
2- Pour exemple cette citation du CCNE (Comité Consultatif National d’Éthique) en décembre 1987 :
« la dignité est cette lumière que sur tout l’humain la liberté du sujet moral projette de derrière l’horizon longtemps après son coucher et bien plus tôt que son lever »
3- Olivier Cayla, « Dignité humaine le plus flou des concepts », Le Monde, 31 janvier 2003.
4- Marcela Iacub, « Débat avec Marcel Hénaff : Qu’est-ce qui n’a pas de prix ? », Philosophie Magazine, N°23, octobre 2008, p. 54.
5- Ruwen Ogien , L’éthique aujourd’hui –Maximalistes et minimalistes., Paris, Gallimard, coll. Folioessais, p. 129 sq.
6- Ruth Macklin, “Dignity is a useless concept”, British Medical Journal, December 20 2003, vol. 327, p. 1419-1420.
7- Steven Pinker, « The stupidity of dignity – conservative bioethics’ latest ploy », The New Republic, May 28 2008.
8- Pic de La Mirandole (1487), De la dignité de l’homme, Paris, Editions de L’Éclat, 2005, p. 9.
9- Kant, 1785, Fondation de la Métaphysique des Mœurs, AK IV 435 à 440, trad. A. Renaut, Paris, Garnier Flammarion, 1994, p. 116-123. En particulier (p. 116, AK IV 434) :
« ce qui a un prix peut aussi bien être remplacé par quelque chose d’autre en le considérant comme son équivalent ; ce qui en revanche est supérieur à tout prix, et par suite n’admet nul équivalent, c’est ce qui possède une dignité. »
10- Op. cit. AK IV 436.
11- Kant, 1788, Critique de la Raison Pratique, AK V 76, trad. Picavet, Paris PUF, coll. Quadrige, 1997, p. 80.
12- « Agis de façon que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme fin, jamais comme simple moyen. »
Dans ses Leçons d’éthique, Kant, évoque moins solennellement la teneure de cet impératif : « tout ce qui existe dans le monde – à part l’homme – n’a que la valeur d’un moyen. Puisque l’homme n’est pas une chose, mais une personne, il ne peut donc être un simple moyen » (Kant, Leçons d’éthique, trad. L. Langlois, Paris, Le livre de poche, coll. classiques de poche, 1997, p. 231.)
13- Freud S. (1915), Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort, in Essais de psychanalyse, Paris, PB Payot, 2001, p. 41.
14- JS Mill (1859), De la liberté, trad. Laurence Langlet, Paris, Gallimard, Coll. Folio Essais, 2002, p. 74.
15- De la liberté, Op. Cit., p. 75.
16- Lucien Sève (2006), Qu’est-ce que la personne humaine ?, Paris, La Dispute, 2006, p. 48.